Loïc Lagnon, entre hautes études et sport de haut niveau
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Joueur du DFCO depuis 2014, Loïc Lagnon détonne dans le monde du football. Il suit en effet un double cursus sportif de haut niveau et étudiant à l’HEPTA (Hautes Etudes Pluridisciplinaires Pour Top Athlètes), faisant de lui le seul footballeur français inscrit dans ce programme.

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours au DFCO ?
« Je m’appelle Loïc Lagnon, j’ai 18 ans et c’est ma douzième année au DFCO. Depuis mon arrivée en 2014 j’ai franchi les différentes étapes avec parfois des difficultés. Malgré tout, j’ai toujours trouvé les ressources pour me surpasser afin de réaliser les objectifs demandés. »
Depuis quand souhaites-tu devenir joueur professionnel ?
« Je souhaite devenir joueur professionnel depuis mon enfance. Cette envie est restée intacte, voir même s’est accrue au fil des ans grâce au club ».
Tu as la particularité d’avoir joué la finale de Gambardella, quels souvenirs gardes-tu de ce moment exceptionnel ?
« Aller au Stade de France pour ses 18 ans, c’est génial. Cette finale m’a apporté beaucoup de choses, telles que savoir gérer la pression d’un match à enjeux. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est surtout la demi-finale au stade Gaston-Gérard contre le FC Nantes. Pour ce dernier match à Dijon, toutes nos familles, nos proches, nos enseignants et nos éducateurs sont venus nous soutenir. Et tout le monde connaît l’issue de ce match… Mais quand vous vivez un envahissement de cette manière, ce sont des souvenirs ancrés en vous à jamais. »

On entend souvent que les études sont toutes aussi importantes que le football, tu en es un parfait exemple…
« Dans ma famille, les études occupent une place importante. Malgré tout, combiner études supérieures et années sportives de haut niveau, ce n’est pas une chose aisée. De nombreux sportifs tentent des doubles challenges sportif et académique à l’étranger, notamment aux États-Unis. J’y ai pensé moi-même en étudiant les possibilités de décrocher une grosse université tout en continuant le sport de haut niveau, un double projet plus adapté aux Etats-Unis qu’en France. Mais la France a rattrapé son retard avec la création de l’HEPTA au moment des JO 2024 et que j’ai rejoint il y a quelques mois. »
Présente-nous ton parcours scolaire, pour le moins atypique…
« Je suis un profil plutôt scientifique. Dans ce sens, j’ai réalisé mes années de première et de terminal en faisant le choix d’étudier les mathématiques et la physique, j’ai obtenu mon baccalauréat avec mention. »
À quoi ressemble une journée type pour toi entre le DFCO et tes cours ?
« Une des premières choses que je fais le matin, c’est de regarder chaque cours. En ce moment, je suis sept cours différents. Ensuite, j’ai plusieurs visioconférences dans la journée, notamment pendant mes séances de sport. Donc je m’adapte comme je peux pour être le plus présent possible pendant mes cours. Par exemple, après l’entraînement, quand je suis en musculation, je prends mes écouteurs et je suis les cours. Le soir, j’essaye de bosser le plus possible pour prendre de l’avance. »
Entre l’ESSEC, Sciences Po et CentraleSupélec, quelle matière te demande le plus d’efforts ?
« Les Sciences Politiques sont la matière qui me demande le plus d’efforts, car j’ai plus de facilité avec les matières scientifiques. Je dois donc compenser en travaillant d’avantage. »
Quel métier envisages-tu de faire hors football ?
« Tout d’abord, j’aimerais, hors football, poursuivre mes études vers un master. Vu que ce sont des choses nouvelles pour moi, j’ai eu le temps de découvrir de nouvelles matières et mon attention a été retenue par l’ESSEC (Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales). Après le master, je voudrais m’orienter vers un métier pourquoi pas dans la finance … »
Quel est le plus gros sacrifice que tu dois faire pour te permettre de concilier études et football ?
« Avec mon quotidien, le temps que j’ai pour moi est très court. Nous avons moins de vacances, moins de temps pour aller voir ses amis, sa famille, etc. Par exemple, si j’ai un match ou un galop d’essai Sciences Po, impensable de sortir… Donc le plus gros sacrifice, c’est son temps personnel. Mais tous ces sacrifices seront récompensés un jour, j’en suis convaincu. »
Quelles sont les raisons qui te poussent à suivre ces études ? L’idée est d’avoir un plan B au cas où tu échouerais dans le football ?
« J’allie les deux, même si mon rêve est de devenir footballeur professionnel, je veux être un sportif de haut niveau et faire des études, ce qui me permettra, si je passe professionnel, d’avoir un diplôme et de pouvoir travailler ensuite. »
Si tu devais choisir trois mots pour définir ta saison 2024-2025, entre le Stade de France et ton entrée à HEPTA, ce serait quoi ?
« Satisfaction, persévérance et humilité. »
Tu as fait toute ta formation au DFCO. En quoi le club t’a-t-il soutenu dans ce projet ?
« Pour avoir la possibilité d’allier les deux projets, cela a été très compliqué, des oraux d’admission difficiles mais tout cela au départ à partir d’un dossier de candidature en novembre 2024. Dans celui-ci, il fallait deux référents, dont un sportif par notre directeur du Centre et un scolaire par un référent pédagogique du Lycée des Arcades à Dijon. Après avoir été admis à l’HEPTA, Paul Fauvel et Stéphane Roche m’ont proposé un contrat adapté pour m’aider et me suivre dans ma scolarité sur les trois années tout en jouant pour le club. Sans oublier les coachs et le staff qui s’adaptent à mon quotidien. Donc oui, j’ai ressenti un vrai soutien du club dans ce projet. »
Comment tes coéquipiers au centre de formation perçoivent-ils tes études ?
« Je pense qu’aucun de mes coéquipiers ne sait que je fais partie de la promotion HEPTA 2025/2026 soutenue par Amélie OUDEA CASTERA, Présidente du Comité Olympique et Sportif Français, et présente à notre premier rassemblement à l’INSEP en septembre dernier. Ils ne le savent pas car quand je suis au centre de formation, j’essaye de dissocier les deux et surtout notre objectif est de nous préparer ensemble pour défendre les couleurs du club, rien d’autre pour moi.
Comment as-tu géré la préparation du baccalauréat durant les derniers matchs de la Coupe Gambardella ?
« Mon admission à l’HEPTA dépendait de mon bac, donc la mention était mon objectif prioritaire. Il a fallu beaucoup de rigueur pour que l’excitation de la Coupe Gambardella et du Stade de France ne prenne pas le dessus sur mes révisions. »
On te décrit comme une personne avec un parcours assez « atypique » : est-ce que tu te sens différent des autres joueurs de ta génération ?
« Non, pas du tout, car chaque joueur a sa propre trajectoire. J’ai grandi dans une famille où l’on m’a appris la valeur du travail et du dépassement de soi. Ce parcours est à l’image des valeurs que j’ai reçues. »
Entre signer ton contrat professionnel et ton métier de rêve, lequel choisis-tu ?
« Sans hésitation, je vais répondre décrocher un contrat professionnel. Mais je vais avoir les deux. »
Quel message aimerais-tu faire passer aux jeunes joueurs qui hésitent à arrêter l’école pour le foot ?
« Il faut obligatoirement faire des sacrifices et se lancer, football seul, football et parcours scolaire, quoi qu’il en soit lancez-vous mais mettez tout en œuvre. Par contre, si jamais ça ne marche pas, la vie est longue et on peut toujours trouver notre voie. »

Quel est ton prochain grand objectif, sur et en dehors des terrains ?
« Mon objectif numéro 1 est de signer professionnel mais, parallèlement à ça, j’ai bien pour objectif de réussir mes études en allant jusqu’au Master. Être très bon autant footballistiquement que scolairement. »














